mardi 17 juin 2008

Je l'aimais, d'Anna Gavalda

Adrien est parti avec "une autre", laissant sa femme Chloé et leurs deux petites filles seules et désespérées. Les parents d'Adrien semblent tout aussi malheureux pour elles, et sans doute un peu confus de l'attitude de leur fils. Devant le désarroi de sa belle-fille, Pierre décide de l'emmener avec ses enfants dans leur maison familiale, pour leur éviter de reprendre tout de suite contact avec la réalité, dans un quotidien parisien qui, désormais, se passera sans "lui".

Isolé avec sa belle-fille et ses petites-filles, Pierre, habituellement bougon et taciturne, se met enfin à parler. D'abord pour aider Chloé à se confier, pour la consoler, parfois la houspiller un peu. Puis pour se confier lui-même. Le mutique devient rapidement moulin à paroles, et se révèlera sous un jour très différent de celui sous lequel sa famille croyait le connaître.

Ce roman se lit d'une traite, et pas seulement parce qu'il est court (150 pages écrites en gros caractères). L'histoire est linéaire, respectant presque l'unité de temps, de lieu et d'action, si on excepte les toutes premières pages. La forme, constituée essentiellement de dialogues, facilite la lecture et pousse le lecteur à progresser d'une façon continue.

D'autre part, ce huis-clos entre deux personnes qui n'avaient jusque là jamais eu de vrai contact est très prenant. On se doute dès le début que sous l'aspect monolithique de Pierre se cache une personnalité beaucoup plus intéressante qu'il n'y paraît, et on a envie de le découvrir peu à peu, au gré de ses confidences. Et on n'est pas déçu : si son "secret" est finalement assez banal, il s'intègre parfaitement dans le contexte ambiant, et apporte un éclairage fort différent sur le drame familial que vivent Chloé et ses enfants.

"Je l'aimais" constitue donc une lecture très agréable, parfois enrichissante et jamais ennuyeuse.

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